Chaque année, des milliers de grands meubles en bois, souvent centenaires, partent dans les bennes à ordures, car inadaptés à nos vies modernes :

  • lourds
  • encombrants
  • plus larges que haut
  • impossibles à démonter
  • démodés

Si le relooking de meuble prend de l’essor, et c’est tant mieux, cela ne touche pas à la structure du problème : que faire de ces meubles de maîtres aux proportions inadaptées ? C’est pour répondre à cette question que je me tourne vers le CAP menuiserie ; l’occasion également de renouer avec mes racines. La ferme dans laquelle j’ai grandi a été rendue habitable par Armand, mon arrière grand-père tonnelier et compagnon du devoir, les meubles ont été construit en chêne massif par Jean, mon grand-père maternel, et mon père, Henri, a rendu habitable la grange et construit de nombreuses étagères. La scie a occupé mes loisirs d’adolescente et j’ai, tout au long de mes lieux de vie, construit des étagères sur mesure. En ville surtout, j’ai gpu revoir mes habitudes de grands espaces pour me confiner dans des espaces où chaque mètre compte. Le sur mesure et la modulabilité m’ont permise de m’y sentir bien – avant que le Feng Shui me permette d’y prendre vie.

Dans un monde où tout coûte plus cher à réparer qu’à prendre neuf, les experts en menuiserie m’ont déjà prévenue que la clé pour en vivre est d’y passer peu de temps. déconstruire un meuble est pourtant chronophage. Alors loisir, associatif ou business, je ne sais pas encore mais ce que j’ai expérimenté c’est combien cela me donne une nouvelle vision, précieuse, de l’habitat.

Le bois, pourtant, devient de plus en plus rare et cher. Détruit par la mauvaise gestion (un arbuste cultivé loin de ses pairs nécessite des soins pendant plusieurs années, d’où le métier indispensable de pépinièriste) et les incendies qui s’auto nourrissent (moins il y a d’arbres et plus il fait chaud et plus il fait chaud et plus il y a d’incendies), je propose ici un collectif d’expérimentation pour normaliser la réhabilitation des meubles anciens.